Leica CL : avis complet sur l'argentique de 1973 et l'hybride APS-C de 2017

Boîtier Leica CL posé sur une table avec son objectif compact
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Le Leica CL recouvre deux appareils très différents : un télémètre argentique compact à monture M, produit de 1973 à 1976 en partenariat avec Minolta, et un hybride numérique à capteur APS-C de 24 mégapixels lancé fin 2017. Notre avis : les deux restent de très bons outils pour qui cherche la discrétion et le rendu des optiques Leica, à condition de contrôler la cellule sur l’argentique et de bien mesurer les limites de l’autonomie sur le numérique. Côté budget, prévoyez en occasion environ 600 à 1 100 euros pour le CL argentique selon l’objectif fourni, et 1 100 à 1 700 euros pour un boîtier numérique en bon état.

  • CL argentique (1973 à 1976) : télémètre à monture M, obturateur de 1/2 à 1/1000 s, mesure sélective par cellule CdS, cadres 40, 50 et 90 mm.
  • CL numérique (2017) : capteur APS-C 24 Mpx, viseur électronique intégré, monture L, vidéo 4K, sans stabilisation ni tropicalisation.
  • Prix d’occasion indicatif : 450 à 750 euros le boîtier argentique seul, 900 à 1 100 euros avec le Summicron-C 40 mm, 1 100 à 1 700 euros le boîtier numérique.
  • Verdict : un choix pertinent pour la photo de rue et le reportage discret, moins adapté à l’action rapide ou aux longues journées sans recharge.

Leica CL argentique ou Leica CL numérique : deux appareils sous un même nom

La confusion est fréquente, y compris dans les annonces de Leica d’occasion. Un vendeur qui écrit simplement « Leica CL » peut proposer un boîtier à pellicule de près de cinquante ans ou un hybride récent. Les deux partagent une philosophie (compacité, commandes épurées, viseur en coin gauche pour garder l’autre œil ouvert), mais ni la monture, ni le capteur, ni les objectifs ne sont identiques. Le tableau ci-dessous résume l’essentiel.

Critère Leica CL argentique Leica CL numérique
Période 1973 à 1976 Annoncé en novembre 2017
Support Film 24 x 36 mm Capteur APS-C 24 Mpx
Monture Leica M Leica L (objectifs TL et SL, M via bague)
Visée Télémètre, grossissement 0,6x Viseur électronique 2,36 millions de points
Obturateur Rideaux tissu, 1/2 à 1/1000 s Mécanique jusqu’à 1/8000 s, électronique jusqu’à 1/25000 s
Mesure ou mise au point Cellule CdS sélective, mise au point manuelle Autofocus à détection de contraste, 49 collimateurs
Alimentation Pile 1,35 V type PX625 (cellule uniquement) Batterie lithium BP-DC12
Profil idéal Photographe argentique, rue, noir et blanc Voyage léger, rue, usage hybride photo et vidéo
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Le Leica CL de 1973 : un télémètre M compact né avec Minolta

Conçu par Leitz et fabriqué par Minolta au Japon, le CL (pour Compact Leica) devait offrir une porte d’entrée plus abordable dans le système M. Il a été vendu sous le nom Leitz CL en Europe et Leitz Minolta CL au Japon, avec une production totale estimée autour de 65 000 exemplaires. Deux objectifs dédiés l’accompagnaient : le Summicron-C 40 mm f/2 et l’Elmar-C 90 mm f/4, tous deux réputés pour leur piqué et leur faible encombrement. Minolta a ensuite poursuivi seul l’aventure avec le CLE en 1980, doté d’un mode automatique.

Le principe le plus original tient à la mesure de lumière. Une petite cellule placée sur un bras mobile se trouve devant l’obturateur et mesure une zone restreinte de l’image ; au déclenchement, le bras s’efface. Ce système offre une mesure quasi spot très précise pour le noir et blanc contrasté, celui qu’on retrouve dans les tirages argentiques mis à l’honneur lorsque Lezoux célèbre 200 ans de photographie à travers une exposition de clichés monochromes.

Points forts du CL argentique

  • Un gabarit nettement plus petit et plus léger qu’un M classique, parfait dans une poche de veste.
  • Un obturateur discret, bien plus feutré qu’un reflex de la même époque.
  • L’accès à toute une gamme d’optiques M, avec un rendu très recherché en 35, 40 et 50 mm.
  • Un fonctionnement mécanique : sans pile, seule la cellule cesse de fonctionner, l’appareil déclenche toujours.

Les limites du Leica CL argentique à connaître avant l’achat

La base télémétrique est courte, environ 31,5 mm en base effective. Résultat : la mise au point devient délicate avec un téléobjectif lumineux ou un 50 mm ouvert à pleine ouverture, et les focales au-delà de 90 mm sont peu adaptées. Le bras de cellule est aussi le point sensible : un objectif rétractable rentré sur le boîtier, ou un grand-angle dont la lentille arrière dépasse fortement, peut le heurter et l’endommager. Enfin, la pile au mercure d’origine n’existe plus ; il faut passer par un adaptateur ou une pile zinc-air de remplacement, avec une petite marge d’erreur à garder en tête sur la mesure.

Le Leica CL numérique de 2017 : avis sur l’hybride APS-C à viseur intégré

Lors de sa sortie, le CL numérique a comblé un manque évident dans la gamme : contrairement aux T, TL et TL2, il intègre un viseur électronique, ce qui change tout pour composer en plein soleil ou en reportage. Le capteur APS-C de 24 mégapixels, associé au processeur Maestro II, délivre des fichiers DNG riches, faciles à travailler dans un logiciel de retouche, avec une plage de sensibilité de 100 à 50 000 ISO. Le boîtier, en aluminium usiné, pèse un peu plus de 400 g avec sa batterie.

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L’ergonomie mérite à elle seule l’achat pour certains photographes. Deux molettes supérieures, chacune avec un bouton central qui change sa fonction, permettent de régler ouverture, vitesse ou correction d’exposition sans passer par les menus. L’écran tactile de 3 pouces sert surtout à choisir le point de mise au point, laissant le viseur au centre de la pratique.

Côté faiblesses, le constat est assez net. L’autofocus par détection de contraste reste correct pour la rue et le portrait, mais il n’est pas taillé pour le sport ou les sujets imprévisibles. Il n’y a ni stabilisation du capteur ni tropicalisation, et l’autonomie reste modeste : quelques centaines de vues par charge, d’où l’intérêt d’une deuxième batterie. Leica a par ailleurs cessé la production du CL au début des années 2020, ce qui pèse sur la durée de prise en charge des réparations à long terme. Pour qui veut un Leica moderne, compact et encore au catalogue, la comparaison avec un modèle à objectif fixe comme le Leica Q3 Monochrom devient alors logique, même si le budget n’a rien à voir.

Objectifs compatibles avec le Leica CL numérique

La monture L ouvre trois familles d’optiques : les objectifs TL dédiés à l’APS-C (le pancake Elmarit-TL 18 mm f/2.8, le Summilux-TL 35 mm f/1.4 ou le zoom Vario-Elmar-TL 18-56 mm), les objectifs SL plein format, plus lourds, et les objectifs M grâce à la bague officielle M-L. Avec un capteur APS-C, le coefficient de 1,5 transforme un 35 mm M en équivalent 52 mm environ ; la mise au point se fait alors à la main, avec loupe et focus peaking.

Prix du Leica CL d’occasion : ce qui fait varier la cote

Les fourchettes suivantes sont indicatives et observées sur les plateformes d’occasion françaises (particuliers et revendeurs spécialisés). Un appareil vendu avec garantie par un professionnel se paie logiquement plus cher qu’une annonce entre particuliers.

Plusieurs facteurs font bouger le prix Leica d’un exemplaire à l’autre :

  • L’objectif fourni : le Summicron-C 40 mm représente souvent la moitié de la valeur d’un kit argentique.
  • L’état réel de la cellule et du télémètre : un réglage de télémètre ou une réparation du bras peut coûter plus qu’un écart de prix entre deux annonces.
  • Une révision récente : un nettoyage, lubrification et réglage complet, justifié par une facture, rassure et se valorise.
  • Le nombre de déclenchements pour le numérique, ainsi que la présence de la batterie d’origine, du chargeur et de la boîte.
  • Les versions particulières : séries spéciales ou finitions argent du CL numérique, très recherchées par les collectionneurs.

Vérifier un Leica CL d’occasion : les erreurs qui coûtent cher

La mention « très bon état » dans une annonce ne remplace jamais un contrôle. Voici les vérifications à faire, en main propre ou en demandant photos et vidéos au vendeur.

  1. Tester toutes les vitesses du CL argentique, à dos ouvert, en regardant l’ouverture du rideau à 1/1000 s : une fente irrégulière trahit un obturateur à réviser.
  2. Contrôler l’aiguille de la cellule avec une pile neuve, en pointant une zone claire puis sombre. Une aiguille figée signale souvent un fil cassé sur le bras.
  3. Vérifier le télémètre sur un sujet lointain : les deux images doivent se superposer à l’infini, horizontalement et verticalement.
  4. Inspecter les rideaux en tissu, à la recherche de trous ou de plis, et la propreté du viseur.
  5. Pour le numérique, examiner le capteur à petite ouverture sur un ciel uni, essayer l’autofocus, la connexion Wi-Fi et l’écran tactile, puis demander l’historique de déclenchements.
  6. Ne pas confondre les objectifs : un objectif TL ne se monte pas sur le CL argentique, et un rétractable M ne doit jamais être rentré sur ce dernier.

Autre piège classique : acheter le CL numérique pour la vidéo intensive. La 4K est présente, mais l’absence de stabilisation et l’échauffement possible en font un outil d’appoint plutôt qu’une caméra principale.

Pour quel regard d’auteur choisir un Leica CL ?

Le CL, quelle que soit sa version, récompense une pratique lente et attentive. En photo de rue, sa discrétion désarme les sujets ; en reportage de proximité, il se fait oublier. Il trouve aussi naturellement sa place dans les projets collectifs : Le club photo de Luçon met en lumière le duo créatif à travers une exposition en binôme, une démarche qui se prête bien à deux boîtiers complémentaires, l’un argentique, l’autre numérique.

La photographie intime en profite également. Un boîtier peu intimidant capte des instants familiaux sans les figer, à l’image de la photo partagée par Julien Clerc, un grand-père comblé qui présente son petit-fils Léon. Et pour confronter son travail au regard des autres, les expositions locales restent une excellente école : À Monistrol-sur-Loire, le club photo de la MJC dévoile ses œuvres, preuve qu’une série cohérente compte davantage que le matériel.

Notre verdict tient en deux lignes. Le CL argentique est l’un des moyens les plus abordables d’entrer dans l’univers M, idéal avec un 40 mm et du film noir et blanc, à condition d’accepter ses limites en téléobjectif. Le CL numérique, lui, séduit par son ergonomie et la qualité de ses fichiers, mais son autofocus daté et son arrêt de production le réservent à ceux qui en connaissent les contraintes.

Le Leica CL argentique accepte-t-il tous les objectifs M ?

Non. La plupart des objectifs M fonctionnent, mais les rétractables ne doivent pas être rentrés sur le boîtier et certains grands-angles à lentille arrière saillante risquent de heurter le bras de cellule. La base télémétrique courte rend aussi la mise au point peu fiable au-delà de 90 mm ou avec des optiques très lumineuses à pleine ouverture.

Quelle pile utiliser dans un Leica CL argentique ?

Le CL était prévu pour une pile au mercure PX625 de 1,35 V, aujourd’hui interdite. On utilise un adaptateur qui régule la tension d’une pile actuelle ou une pile zinc-air de 1,4 V. La pile n’alimente que la cellule : l’obturateur fonctionne sans elle.

Le Leica CL numérique est-il toujours fabriqué ?

Non, sa production a cessé au début des années 2020. Il reste disponible en occasion, et Leica continue de proposer la monture L via d’autres boîtiers. Avant l’achat, il est prudent de se renseigner auprès du service après-vente sur la disponibilité des pièces.

Peut-on monter des objectifs M sur le Leica CL numérique ?

Oui, avec la bague d’adaptation M-L. La mise au point reste manuelle, assistée par le focus peaking et la loupe du viseur, et le capteur APS-C applique un coefficient de 1,5 à la focale.

Combien coûte un Leica CL d’occasion en bon état ?

À titre indicatif, comptez 450 à 750 euros pour un CL argentique seul avec cellule fonctionnelle, 900 à 1 100 euros avec le Summicron-C 40 mm, et 1 100 à 1 700 euros pour un boîtier numérique. L’objectif fourni, une révision récente et la garantie du vendeur font varier ces montants.

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Claire Dupont

Passionnée par l’art de capturer des instants uniques, je rédige des articles qui explorent les techniques, les équipements, et les astuces pour aider les amateurs comme les professionnels à progresser.

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