DALL·E est le générateur d’images par intelligence artificielle d’OpenAI : vous décrivez une scène avec des mots, le prompt, et le modèle crée un visuel inédit en quelques secondes. Présenté en 2021, il a connu trois versions majeures. On l’utilise principalement dans ChatGPT, via l’API d’OpenAI ou dans Microsoft Copilot. Un usage gratuit existe, limité à quelques images par jour, tandis que les abonnés et les développeurs disposent de quotas plus larges.
Un chat astronaute peint à la manière d’une estampe japonaise, une affiche de concert vintage, un décor de shooting imaginé avant même de louer le studio : DALL·E rend ce genre de création accessible à n’importe qui sachant écrire une phrase. Encore faut-il savoir quelle version on utilise, où la trouver, ce qu’elle coûte et ce que l’on a le droit de faire des images obtenues. Ce guide répond à ces points dans l’ordre, avec un regard de créateur d’images, et vous donne des exemples de prompts directement réutilisables.
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ToggleDALL·E, le générateur d’images d’OpenAI : définition et origine
DALL·E est un modèle d’intelligence artificielle générative qui produit des images à partir de descriptions textuelles. Son nom, qui se prononce « dali », associe le peintre Salvador Dalí et WALL·E, le petit robot de Pixar. Il est développé par OpenAI, l’entreprise dirigée par Sam Altman, qui est aussi à l’origine de ChatGPT et entretient un partenariat étroit avec Microsoft.
La première version est dévoilée en janvier 2021. Il s’agit alors d’une variante de GPT-3 de 12 milliards de paramètres : un transformeur qui reçoit le texte et l’image comme un flux unique de 1280 jetons (256 pour le texte, 1024 pour l’image). Les résultats impressionnent les chercheurs mais l’outil reste réservé à une démonstration. Le grand public découvre vraiment la technologie avec DALL·E 2, annoncé en avril 2022 puis ouvert à tous sans liste d’attente en septembre 2022. DALL·E 3 arrive en septembre 2023 et s’installe dans ChatGPT dès octobre de la même année.
Un point de vocabulaire utile : depuis mars 2025, ChatGPT génère aussi ses images avec un modèle intégré à GPT-4o, et OpenAI propose aux développeurs des modèles dédiés comme gpt-image-1. Beaucoup d’utilisateurs continuent pourtant de dire « DALL·E » pour désigner la création d’images chez OpenAI, un peu comme on dit « frigo » pour toutes les marques de réfrigérateur.
Comment DALL·E transforme un prompt textuel en image
Le modèle a été entraîné sur des centaines de millions de paires texte et image. À force de voir des légendes associées à des photos, des dessins ou des schémas, il apprend les liens entre les mots et les formes, les couleurs, les matières, les styles. Il ne colle pas des morceaux d’images existantes : il fabrique un visuel nouveau qui correspond statistiquement à votre description.
Depuis DALL·E 2, la génération repose sur un procédé de diffusion. Voici, simplifié, ce qui se passe quand vous validez un prompt :
- Le texte est converti en une représentation mathématique qui capture son sens (DALL·E 2 s’appuyait pour cela sur CLIP, un autre modèle d’OpenAI).
- Le système part d’une image composée uniquement de bruit aléatoire, comme la neige d’un vieux téléviseur.
- Étape après étape, il retire ce bruit en se laissant guider par la représentation du texte, jusqu’à faire émerger une image cohérente.
- Le résultat passe par des filtres de sécurité avant de vous être affiché.
DALL·E 3 ajoute deux ingrédients décisifs. D’abord, ses données d’entraînement ont été relégendées avec des descriptions beaucoup plus détaillées, ce qui l’aide à respecter chaque élément demandé. Ensuite, ChatGPT réécrit votre demande avant de l’envoyer au modèle d’image : une consigne de huit mots devient souvent un paragraphe précis sur la lumière, le cadrage et l’ambiance. C’est pour cela que des prompts courts donnent des images si riches, et aussi pourquoi le résultat s’éloigne parfois de ce que vous aviez en tête.
DALL·E 2 ou DALL·E 3 : ce qui change vraiment entre les versions
Les deux versions partagent le même principe, mais l’expérience n’a rien à voir. Le tableau ci-dessous résume les écarts qui comptent en pratique.
| Critère | DALL·E 2 | DALL·E 3 |
|---|---|---|
| Lancement | Avril 2022, ouverture à tous en septembre 2022 | Septembre 2023, dans ChatGPT dès octobre 2023 |
| Compréhension du prompt | Fonctionne surtout par mots-clés, oublie souvent des éléments | Suit des phrases longues et respecte la plupart des détails |
| Texte dans l’image | Lettres déformées, quasi illisibles | Nettement meilleur, encore imparfait sur les textes longs |
| Formats proposés | Carré : 256, 512 ou 1024 pixels de côté | 1024 x 1024, 1792 x 1024 (paysage) ou 1024 x 1792 (portrait) |
| Retouche | Inpainting, outpainting et variations d’une image | Modifications ciblées d’une zone sélectionnée dans ChatGPT |
| Aide à la rédaction | Aucune, l’utilisateur écrit seul | ChatGPT reformule et enrichit la demande |
| Sécurité | Filtres de contenu de base | Refus renforcés (personnalités publiques, style d’artistes vivants), tests par des équipes rouges |
En résumé, DALL·E 2 garde un intérêt pour ses outils d’extension et de variation d’images, appréciés pour agrandir un cadre ou décliner un visuel. DALL·E 3 l’emporte sur tout le reste : fidélité au prompt, rendu des mains et des visages, typographie, formats rectangulaires. Le gain le plus visible concerne les scènes complexes, où la version précédente mélangeait volontiers les attributs (un chien rouge et un chat bleu devenaient deux animaux violets).
Où utiliser DALL·E : ChatGPT, API et Microsoft Copilot
Il n’existe pas de « site DALL·E » autonome pour le grand public. L’accès passe par plusieurs portes, chacune avec ses conditions :
- ChatGPT : la solution la plus simple. Il suffit de demander une image dans la conversation, puis de l’affiner par messages successifs. Les comptes gratuits peuvent générer un petit nombre d’images, les abonnements Plus, Pro, Team ou Enterprise lèvent une grande partie des limites.
- L’API d’OpenAI : pensée pour les développeurs qui veulent intégrer la génération d’images dans une application, un site ou un outil interne. La facturation se fait à l’image, selon la taille et la qualité demandées.
- Microsoft Copilot et Bing Image Creator : grâce au partenariat entre les deux entreprises, Microsoft a intégré la technologie d’OpenAI dans ses services. Un compte Microsoft suffit, avec un quota de générations rapides puis un mode plus lent.
- Applications tierces : de nombreux sites se présentent comme « DALL·E gratuit ». Certains utilisent réellement l’API, d’autres non. Prudence avant d’y créer un compte ou d’y saisir vos coordonnées bancaires.
DALL·E gratuit : ce que permet l’offre sans abonnement
Oui, on peut utiliser DALL·E sans payer. Les quotas gratuits ont varié au fil du temps : à une période, les utilisateurs non payants de ChatGPT étaient limités à deux visuels par jour, et le plafond dépend aujourd’hui encore de la charge des serveurs. Côté Microsoft, Copilot reste la voie gratuite la plus généreuse pour tester. Si vous produisez des images régulièrement, pour un blog ou des réseaux sociaux, un abonnement ou l’API deviennent vite plus confortables, notamment pour éviter d’attendre que le compteur se réinitialise.
Écrire un bon prompt DALL·E : méthode et exemples
Le prompt engineering n’a rien de mystérieux : il s’agit de décrire une image comme on la décrirait à un illustrateur. Les photographes partent avec un avantage, car ils pensent déjà en termes de cadrage, de focale et de lumière. Ceux qui ont l’habitude de mettre des mots sur une photo, par exemple en suivant un Atelier écriture via RegardAuteur.com, retrouvent ici exactement le même exercice, en sens inverse.
Une structure qui fonctionne bien : sujet + action + décor + lumière + cadrage + style + format. La lumière est l’élément le plus souvent négligé alors qu’elle change tout. Préciser « contre-jour de fin d’après-midi », « lumière dure de midi » ou « éclairage de stade sous la pluie » transforme le résultat, et ceux qui ont lu notre article Photographier le sport savent à quel point un projecteur mal placé raconte une autre histoire.
| Objectif | Prompt d’exemple | Pourquoi il fonctionne |
|---|---|---|
| Portrait réaliste | Portrait en plan serré d’une boulangère de 60 ans souriante, farine sur les mains, lumière douce d’une fenêtre à gauche, profondeur de champ réduite, rendu photo argentique | Sujet, détail, source de lumière et rendu sont tous précisés |
| Visuel de blog | Bureau en bois vu du dessus avec carnet, appareil photo et tasse de café, palette beige et vert sauge, format paysage, style photographie éditoriale | Le format et la palette facilitent l’intégration sur un site |
| Affiche avec texte | Affiche rétro des années 1970 pour un festival de jazz, titre « NUITS BLEUES » en grandes lettres jaunes, saxophoniste en silhouette | Le texte est court et placé entre guillemets |
| Illustration | Renard lisant un journal dans un café parisien, illustration à l’aquarelle, traits fins, ambiance automnale | Le style graphique est nommé clairement |
Quelques réflexes complètent la méthode. Itérez plutôt que de tout réécrire : demandez « même image, mais de nuit » ou « recadre en format vertical ». Évitez les négations, le modèle a tendance à afficher ce que vous lui demandez d’exclure. Et si ChatGPT réinterprète trop votre consigne, précisez-lui d’utiliser votre prompt tel quel.
Usages de DALL·E selon votre profil de créateur
Prenons l’exemple d’une photographe portraitiste qui prépare une série en studio sur le thème des années folles. Avant de réserver costumes et décor, elle génère une vingtaine d’images pour tester des ambiances : fond velours bordeaux, éclairage Rembrandt, poses de trois quarts. Elle en garde quatre, les imprime et les montre à ses modèles. Le shooting dure deux heures de moins que prévu, parce que tout le monde sait déjà ce que l’on cherche. L’IA n’a pas remplacé son travail : elle a servi de croquis.
C’est sans doute l’usage le plus sain pour les métiers de l’image, mais il en existe beaucoup d’autres :
- Photographes et vidéastes : moodboards, repérages imaginaires, storyboards de clips ou de courts métrages, tests de lumière.
- Mode et stylisme : explorer des combinaisons de matières et de couleurs pour un moodboard de collection, en s’inspirant par exemple des silhouettes présentées lors du Défilé Jarel Zhang.
- Marketeurs et community managers : visuels de publications, déclinaisons d’une même campagne, maquettes de packaging, bannières.
- Développeurs : génération automatique d’illustrations dans une application, d’avatars ou d’images produit via l’API.
- Enseignants et formateurs : illustrer un concept abstrait, une scène historique ou un exercice d’analyse d’image.
Propriété des images DALL·E, sécurité et limites
Selon les conditions d’utilisation d’OpenAI, les images que vous créez vous appartiennent, et vous pouvez les réutiliser, y compris commercialement, sans demander d’autorisation. Ce contrat ne règle pourtant pas tout. En droit français, la protection par le droit d’auteur suppose une création originale portant l’empreinte de la personnalité de son auteur humain. Une image produite à partir d’une simple phrase risque donc de ne pas être protégée : vous pouvez l’utiliser, mais un tiers pourrait parfois la reprendre aussi. Le sujet évolue vite, et pour un projet commercial important, l’avis d’un juriste spécialisé reste la démarche la plus sûre.
Côté sécurité, DALL·E 3 a été testé par des équipes rouges, des experts chargés de chercher les failles avant le lancement. Le modèle refuse notamment :
- les images de personnalités publiques nommées ;
- l’imitation du style d’un artiste encore en vie (les créateurs peuvent aussi demander que leurs œuvres soient exclues de l’entraînement des futurs modèles) ;
- les contenus violents, sexuels, haineux ou de propagande.
Les images générées dans ChatGPT intègrent par ailleurs des métadonnées C2PA qui signalent leur origine artificielle, un garde-fou utile mais facile à effacer par une capture d’écran. La question des fausses images reste entière : un visuel réaliste pourrait illustrer un fait divers comme celui raconté dans En Ardèche, des cambrioleurs utilisent un engin insolite sans que le lecteur puisse distinguer le vrai du fabriqué. Les biais existent aussi : faute de précision, le modèle peut sur-représenter certains profils (un « médecin » souvent masculin, un « dirigeant » souvent blanc) et en sous-représenter d’autres. OpenAI a travaillé sur ces biais de représentation, mais la meilleure parade reste un prompt explicite.
Restent enfin les limites techniques : résolution maximale modeste pour l’impression grand format, export en PNG ou WebP, mains et textes encore capricieux, cohérence difficile d’un personnage d’une image à l’autre. Et le débat sur l’automatisation artistique n’est pas clos. Il rappelle d’autres inquiétudes : au XIXe siècle, beaucoup prédisaient que la photographie tuerait la peinture, une histoire que l’exposition Capendu rend hommage à deux siècles de photographie remet en perspective. La peinture a survécu en se réinventant, et le regard d’auteur reste ce qui distingue une image d’une autre.
Alternatives à DALL·E pour la génération d’images par IA
DALL·E n’est pas seul sur le marché, et chaque concurrent a sa spécialité. Midjourney reste la référence pour les rendus esthétiques et cinématographiques, utilisé via son site ou Discord. Stable Diffusion et Flux séduisent ceux qui veulent installer un modèle sur leur propre machine et le personnaliser finement. Adobe Firefly, intégré à Photoshop, est entraîné sur des contenus sous licence et convient aux professionnels soucieux des droits. Google propose Imagen dans Gemini, et Ideogram se distingue pour le texte dans l’image, très utile pour les logos ou les affiches. Pour un débutant, DALL·E via ChatGPT garde un avantage net : on dialogue en français, sans aucun réglage à apprendre.
Bien démarrer avec DALL·E : réponses pratiques
DALL·E comprend-il les prompts rédigés en français ?
Oui. Dans ChatGPT comme dans Copilot, vous pouvez écrire en français sans perte notable de qualité, car la demande est interprétée avant la génération. L’anglais reste parfois un peu plus précis pour des termes techniques de photographie ou des styles artistiques pointus.
Peut-on vendre une image créée avec DALL·E ?
Les conditions d’OpenAI autorisent l’usage commercial, y compris la vente. Il faut toutefois vérifier que l’image ne reproduit pas une marque, un logo, un personnage protégé ou le visage d’une personne réelle, et garder à l’esprit que sa protection par le droit d’auteur n’est pas garantie en France.
Pourquoi DALL·E refuse-t-il certaines demandes ?
Le refus vient des filtres de sécurité : personnalité publique citée, style d’un artiste vivant, contenu violent ou sexuel, ou formulation jugée ambiguë. Reformuler en décrivant le style par ses caractéristiques (couleurs, technique, époque) plutôt que par un nom suffit souvent.
Comment modifier une image déjà générée avec DALL·E ?
Dans ChatGPT, ouvrez l’image, sélectionnez la zone à changer avec l’outil de sélection, puis décrivez la modification souhaitée. Vous pouvez aussi simplement demander un ajustement dans la conversation, comme changer la couleur d’un vêtement ou l’heure de la journée.
Peut-on utiliser DALL·E sur smartphone ?
Oui, via les applications mobiles ChatGPT et Microsoft Copilot, disponibles sur iOS et Android. Les images se téléchargent directement dans la galerie du téléphone, ce qui facilite leur partage sur les réseaux sociaux.
